Branchage Film Festival – J1 (ON & OFF)

MODE ON
Les festivals de cinéma se suivent mais ne se ressemblent pas. C’est principalement ce qui fait leur attrait, d’autant plus que chaque année de petits nouveaux viennent remplir un calendrier déjà bien chargé. La 2ème édition du Festival Branchage de Jersey est en tous points original et se démarque allègrement de ses confrères dans le bon sens du terme. Convivial, éclectique, généreux, et joyeusement fouillis, il propose au public à la fois des concerts, des rencontres avec des gens de cinéma mais aussi des projections internationales, une sélection foisonnante de courts-métrages, des documentaires inédits et aussi des soirées à thèmes dans des lieux aussi divers que variés (dépassant même les frontières de la ville de Saint Hélier pour s’installer parfois dans les villes alentour). Pour tenir toutes ces promesses, l’équipe du festival est aussi détendue que motivée.
A peine, arrivée sur cette belle île de Jersey, de poser mes bagages à l’hôtel et de retirer mon badge que je cours déjà à ma première séance : priorité au cinéma. C’est donc avec un documentaire venu d’Afrique du Sud que commence pour moi le Branchage Film Festival. Enfin, commence… pas tout à fait, car après un petit showcase intimiste d’Esther Parkes (il semble que le festival mette un point d’honneur à débuter tous ses films par un mini concert… et ce n’est pas une mauvaise chose), un incident technique repoussa la séance de 30 minutes. Ce qui ne gâcha pas, au contraire, la force et le traumatisme généré par Rough Aunties.

Rough Aunties de Kim Longinotto (Royaume-Uni, 2009)
Grand Prix du Jury dans la catégorie Documentaire au Festival de Sundance 2009
Une poignée de femmes, membres de l’association Bobbi Bear, se battent contre les abus perpétrés sur des enfants en Afrique du Sud… cela semble presque une utopie et pourtant contre vents et marées, gardant toujours espoir face à la monstruosité de certains crimes et se battant aussi contre les violences commises au sein et contre leurs propres familles, ces femmes que rien ne lient ont trouvé un combat commun. En filmant leur croisade, presque trop atroce et dramatique pour être vraie, la caméra de Kim Longinotto nous plonge dans une réalité crue, celle d’une féminité toujours en guerre et de femmes obligée de devenir « rough » pour supporter en face la vue quotidienne de cet enfer. Sans oublier derrière tout ça, pour soutenir ce petit monde et même les spectateurs, les rires d’enfants malgré la souffrance, et les larmes pour humaniser la force.
Il m’aura fallu plus d’un an, et ce malgré les éloges du rédacteur en chef d’Ecranlarge.com, pour voir enfin Le plus beau jour du reste de ta vie. Que dire de plus, alors, qu’il n’a été dit. Reportez-vous donc à la critique de l’époque, et sachez que le public jersiais, malgré des sous-titres qui manquaient de saveur, a extrêmement bien réagi à cette comédie dramatique très franco-française.

Malgré une invitation très alléchante pour une soirée reggae à la Spiegeltent (une grosse yourte en bois posée au milieu du centre ville de Saint Hélier, véritable QG du festival et dont le bar est très sympathique), il est temps de se rentrer à l’hôtel, histoire de se préparer à une journée complète de cinéma le lendemain… A suivre donc.
MODE OFF
Comme vous le savez déjà, votre L. chérie a beaucoup de mal à sortir des salles obscures parisiennes pour se confronter au monde qui l’entoure. Les festivals sont en quelque sorte une phase transitionnelle qui permet de joindre l’utile à l’agréable, mais c’est toujours sans compter les exigences de Madame, les coups de stress de dernière minute, ses habitudes de control freak, j’en passe et des meilleures. Tout au long de l’année, vous lisez donc mes aventures ou mésaventures avec un œil amusé, parfois exaspéré (et je vous comprends), et cette fois ne dérogera pas à la règle.
Me voici donc envoyée quasi au dernier moment, voir si les prairies sont plus vertes et les salles plus sombres dans cette belle île anglo-normande de Jersey que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam (enfin juste de nom). Comme j’ai de la chance, le karma sans doute, cette fois-ci le voyage est organisé non pas par les attachés de presse de cinéma habituels mais par le bureau de presse de l’île (dont c’est le travail de faire la promotion de l’île et de ses activités culturelles) ce qui est juste très très bon signe. Car voyez-vous, ces gens-là sont très organisés (et ça, j’aime ça), ils règlent tout à la seconde près et vous envoient constamment des programmes ultra précis avec de petites modifications selon vos exigences de princesse. Je suis donc embarquée avec plaisir pour le second festival du film Branchage de Jersey (qui propose des projections mais aussi des concerts, soirées, tout un tas d’événements très cool).

Le matin, c’est la boule au ventre que je me rends à l’aéroport… et en même temps c’est étrange car je tire comme une impression de liberté suprême de voyager comme ça, toute seule, avec mon bagage à main bourré à ras bord de trucs électroniques et de robes en soie (et mon pyjama et ma brosse à dents, bien évidemment). Le vol se déroule à la vitesse de la lumière, à peine le temps que mes oreilles se bouchent et se débouchent deux fois et me voilà, en avance (ça existe vraiment les avions en avance ?!?) sur le sol de Jersey. Juste le temps de zoner comme une mite saoule dans le micro aéroport et j’aperçois enfin mon taxi, un panneau à la main avec mon nom écrit grossièrement dessus (j’avais toujours rêvé de ça aussi, pas vous ?). Le charmant monsieur me conduit à l’hôtel Radisson Waterfront que, pour avoir checké sur Internet, je savais superbe. Je ne fus pas déçue car en plus d’une très grande chambre à l’étage de mon choix j’ai aussi tout le confort moderne (le wifi dans la chambre, j’ai cru que j’allais pleurer) et une magnifique vue sur la marina (ou le truc où les bateaux sont parkés).
Comme mon planning est très chargé et que je reste très peu de temps (arrivée vendredi après midi je repars dimanche matin), je décide de m’accorder une pause (bien méritée ?!?) au bar de l’hôtel pour m’empiffrer de ce qu’ils appellent un Afternoon Tea et que je nommerais juste Paradis sur terre. Me voici donc à me dépêtrer de mon dossier de presse (une pochette bourrée de documents sur l’île et le festival), à siroter d’une façon très classe mon thé, au soleil avec vue sur la mer et tout cela dans une robe parfaitement accordée à la situation bien entendu. Je pense que si on m’avait regardé une demi seconde j’aurais eu l’air de ça, malheureusement, le serveur qui a pris ma commande a tout de suite vu que j’étais une petite gourmande venue de France et a profité que j’avais un scone recouvert de crème dans la bouche pour me demander comment ça allait. « Perrrfect ! » ai-je donc répondu en crachotant de petits bouts de gâteaux un peu partout dans un rayon d’un mètre. La classe internationale, quoi.

Un petit sprint, le temps de rejoindre le centre ville pour aller serrer la main à Chris Bell, l’attaché de presse du festival et mon correspondant sur place, et récupérer mon passe et mes tickets pour les films… je demande 20 fois mon chemin, butte sur les mots et trouve enfin le QG des festivaliers : la SpiegelTent. C’est une sorte de yourte géante en bois où le bar est un élément clé : j’y découvre à peine entrée et à seulement 17h que l’happy hour consiste en fait à un open bar où le barman est payé à faire boire le plus de monde possible, le cocktail goûté en fin d’après midi (pour guérir mon bégaiement bien sûr) était aussi délicieux que mystérieux. Je récupère un peu en vrac mon kit de survie du festival, partage une sorte de hug avec Chris et cours (encore !) vers ma première séance du festival : Rough Aunties (voir la review plus haut). A la sortie de celle-ci et sans prendre le temps de souffler après la claque que je viens de me prendre, je re-traverse la ville vers un grand cinéma qui diffuse Le premier jour du reste de ta vie (oui, j’ai attendu un an et d’aller dans un pays étranger pour le voir avec des sous-titres anglais, on a la classe ou on l’a pas). La séance se finit tard et heureusement le cinéma est très proche de mon hôtel…

Arrivée dans ma chambre, je décide de profiter du room service et me rappelle que je revis la même scène qu’à Angoulême pour le festival du film francophone mais avec un filtre différent : le kébab s’est transformé en délicieuse Summer Salad et est même accompagnée d’un cheesecake aux fruits de la passion, la chambre minuscule et glauque est devenue une chambre de 30m² décorée avec goût avec un king size bed… Juste le temps que cette pensée traverse mon esprit et mes yeux déjà se ferment tout seuls, sûrement le léger décalage horaire et le stress qui font leur effet… il est grand temps de se reposer avant d’attaquer demain une grosse journée de cinéma.



Commentaires : 2
Héééééé bin. Ca a l’air chouettement chouette. Profite bien.
Quel luxe ! Madame L. ne se refuse rien !! :p