Sucker Punch

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Après avoir adapté avec succès les romans graphiques cultes 300 et Watchmen, Zack Snyder nous revient dans les salles avec un scénario complètement original. De l’esprit torturé de celui qui se révèle être un véritable artiste sort Sucker Punch, une œuvre coup de poing, véritable expérience sensorielle où se confondent rêve et réalité.

Baby Doll est une belle jeune fille à qui la vie ne fait pas cadeau. Après la mort de sa mère, son terrible beau-père la fait interner dans un sanatorium pour récupérer l’héritage. La jeune fille n’a que 5 jours pour échapper à la lobotomie et fuir ainsi son tragique destin.

Dès les premières minutes Sucker Punch emmène le spectateur dans un univers visuel et musical loin de ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. De la composition au détail près de chaque plan du film comme un tableau malsain, ou une case de bande dessinée, au choix de la bande originale, principalement des reprises de grands classiques de la culture pop et rock (certaines interprétées avec brio par l’actrice principale Emily Browning), le réalisateur choisit, crée et compose avec des images de notre inconscient collectif. De la culture manga, comics mais aussi des codes de la publicité et du dessin animé, tous ces ingrédients savamment orchestrés sont distillés jusqu’à l’overdose dans un maelstrom irrésistible et hypnotique.

Pour ce qui est du scénario, le réalisateur réussit le pari de lui donner une place aussi importante qu’à la performance artistique. De mondes parallèles en métaphores subtiles, rien n’est laissé au hasard dans l’histoire tragique et passionnante de Baby Doll. Et pour une histoire qui se passe la plus grande partie du temps dans un bordel, jamais l’intégrité physique ou morale des jeunes filles ne sera égratignée. De la mini-jupe et des bas pailletés oui, mais pas une touche de vulgarité.

Malin, passionnant, subtil, à la fois magnifiquement crasse et sublime, Sucker Punch est à la hauteur des attentes et dépasse même ce que l’on pourrait espérer de l’ancien publicitaire Zack Snyder. La richesse comme la beauté de ce film appellent irrésistiblement à une deuxième vision… ou plus. Un coup de cœur donc.

(sortie le 30 mars 2011)

(article publié sur artistikrezo.com)

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