Tomboy

Tomboy, deuxième long métrage de Céline Sciamma est une performance. L’envie folle de se détacher de l’angoisse du « deuxième film », celui qui est attendu, celui qui peut conclure une carrière à peine commencée. Ecrit, tourné et monté dans l’urgence c’est pourtant dans un espace temps suspendu que se passe cette histoire atypique de petite fille qui voulait être un petit garçon et qui transpose ses fantasmes enfantins dans la réalité.
Loin de porter un jugement autre qu’un discours de tolérance, c’est un regard touché, un regard nostalgique que pose la réalisatrice sur cette partie de l’enfance qui n’en fait déjà plus tout à fait partie. 1h15 suffisent à nous faire partager l’univers de Laure qui devient Mickaël, comme une parenthèse dans sa vie, dans cet été, et dans la nôtre, de vie. De victoires de garçons au football, aux épreuves que cela comporte, le propos du film est finalement que la difficulté d’être un garçon. C’est du moins ce que nous explique la réalisatrice dans le passionnant entretien en bonus de ce DVD à sortir cette semaine.
Tomboy, après La naissance des pieuvres, qui j’avoue m’avait laissé sur le coté, confirme Céline Sciamma comme observatrices des corps en évolution, des premiers émois amoureux quels qu’ils soient, d’un monde où les codes d’adultes n’ont pas de prise. Et la poésie des images, la beauté et la pureté des visages, la force de vie de ces gamins nous emmènent loin, dans les souvenirs de cours de récré et d’étés à construire des cabanes.
Mention spéciale aux jeunes acteurs et à Mathieu Demy, touchant en père souvent absent. La performance tient largement ses promesses. Un grand bravo à tous pour se film qui en dit beaucoup avec peu et ne dérange jamais avec un sujet sensible.
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