Watchmen – Les gardiens
Par L. • 27 fév 2009 • Catégorie(s) : Tout le cinéma
Comme tout cinéphile adepte de pop culture qui se respecte j’attendais comme le Messie ce Watchmen de Zack Snyder. Même si 300 n’avait été qu’une claque provisoire qui ne supportait pas un deuxième visionnage. Même si le graphic novel m’a moins marqué que certains (j’en connais qui disent qu’il a changé leur vie). C’est un effet de masse surpuissant (une montée de la sauce par paliers depuis le lancement du projet en 2005 alors qu’en fait les studios s’y attellent depuis 1986) et l’adaptation d’un œuvre fleuve et qui m’a tenu toute une soirée sans lever les yeux de mon intégrale qui m’ont convaincue à m’enflammer. Seulement, comme on pouvait s’y attendre, le résultat ne touche pas de la même manière un spectateur qui a lu le livre, qu’un spectateur vierge de toute référence. C’est pourquoi avant de tirer une conclusion, je vais essayer de démêler les aspects positifs et négatifs pour ces deux catégories.
Si vous avez dévoré le Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons :
Vous serez étonnés de voir à quel point l’adaptation de Zack Snyder est littérale. En effet, comme il avait fait pour 300, le réalisateur a utilisé les planches du comics pour mettre en place son storyboard. Seulement, le peu d’interprétation ou de raccourcis (obligatoires pour condenser une œuvre pareille en 2h45) sont parfois contestables, comme cette propension à plonger certaines scènes de la deuxième partie de l’histoire dans une sorte de second degré (quitte à rendre certains personnages presque ridicules : le Hibou en prend pour son grade) qui est un peu désagréable. Il a aussi ajouté des scènes de violence crues afin de booster un peu son récit, en général c’est plutôt appréciable. Par contre, j’ai supporté moyen la réhabilitation qu’il offre au Comédien, ce personnage lucide mais extrêmement sombre et au passé trouble dans le comics est ici gratifié de justifications à ses actes dont on se serait bien passé. Et la fin s’ouvre d’une manière différente sur l’avenir. Sans changer fondamentalement l’œuvre originale et les actions des personnages, Snyder réussit à métamorphoser le sentiment qu’on avait en refermant le livre. Cette fin en demi-teinte du comics, peu positive sur l’avenir, est ici plus claire, et sous-entend des jours radieux. Je comprend cette volonté de ne pas plomber les spectateurs avec lé délire apocalyptique de Moore mais je crois aussi que ceux ci sont aussi aptes à encaisser cette forme de violence psychologique, ce coté sombre de l’œuvre qui fait justement son charme.
Mais tout ça, c’est pour chipoter… Car en fait, Watchmen est plutôt une réussite. Du casting parfait (Jackie Earle Haley en Rorschach est jouissif) à la réalisation bien dosée dans les effets de style (même si ceux ci, la marque de fabrique de Snyder sont toujours aussi périssables), je n’ai pas vu passer les 2h45 du cut actuel (dans le DVD, nous aurons certainement droit au cut originel du réalisateur de presque 4h). En plus d’être une illustration vraiment cohérente du comics c’est aussi un divertissement de luxe dont il serait dommage de se priver.
Si vous n’avez jamais entendu parler de Watchmen :
Alors là, je vous plains un peu… parce que le principal défaut pour les non-lecteurs du comics, c’est que Snyder ne propose qu’une lecture linéaire de l’œuvre originale et que sans tout le background du comics vous allez certainement soit zapper une multitudes de détails et de subtilités croustillantes soit vous ennuyer un peu (surtout si vous ne connaissez rien aux codes du genre, il est probable que le bonhomme tout bleu avec le zizi à l’air vous fasse plus marrer qu’autre chose). Pourtant, le film peut être une excellente introduction à la lecture du comics. Bien sûr, vous n’aurez plus tout à fait la surprise des rebondissements, mais vous serez certainement plus aptes à entrer dans cette œuvre au premier abord un peu austère. Sinon, si vous vous mettez bien en tête que l’histoire se passe dans les années 80, qu’elle a également été écrite entre 86 et 87, que le comics (comme le film) est une révolution dans le traitement du thème du super héros et que le film est loin d’être tout-public (il est interdit aux moins de 12 ans en France et Rated R aux USA soit interdit aux moins de 17 ans non accompagnés), alors vous êtes prêt et je peux vous assurer que vous passerez un très bon moment et que vous ne verrez plus jamais nos amis en collants, ces fameux vigilantes, comme avant.
Pour tous, la sortie de Watchmen est un événement à ne pas rater. D’abord parce que c’est une œuvre culte, et ensuite parce que le film mérite vraiment le buzz qui est fait autour de lui. Je ne sais pas, au jour d’aujourd’hui, si le Watchmen de Snyder marquera l’histoire du cinéma (je n’en suis pas sûre puisqu’il n’apporte rien de plus au comics, et que techniquement il n’invente rien) mais j’espère sincèrement que les craintes des distributeurs aux USA, qu’il n’y ai que les fans de comics qui aillent le voir, seront infondées. C’est la force de l’œuvre de Moore et celle de Snyder, que d’aborder avec une complexité et une intelligence rare (et un sens de l’esthétisme évident) des questions de société, politiques, sociologiques et philosophiques sous un jour différent. Et c’est là tout l’enjeu du problème, Watchmen ne parlera pas aux fans de Superman et de Batman qui veulent du grand spectacle, ni aux réfractaires du format comics, ni aux amateurs de films de bourrins (quoique…), ni aux filles… parce qu’il parle en fait à tous, à condition d’aller le voir dans le bon état d’esprit.
EDIT : dans le rush pour ma critique, j’en ai oublié de remercier Allociné pour avoir organisé cette soirée de présentation du film aux bloggeurs de leur Club 300. C’est toujours un plaisir de partager ce genre d’expérience avec une salle pleine d’amis bloggeurs (Jon, Mélissa, Ludo et j’en passe)… Alors merci… et à très vite pour la prochaine !
Sortie sur les écrans le 4 mars 2009


ok j’y vais demain
Comment ça il fait marrer le G
euh… rapide ton blog ! même pas le temps de finir de penser…
Je disais donc : Comment ça il fait marrer le grand Schtroumf à se balader comme ça, sa splendeur à l’air ? Non non non, il est – ma foi – tout à fait euh… impressionnant… et on compatit vite fait pour tous ses malheurs existentiels que même tiens ! on l’accompagnerait volontiers sur Mars en lieu et place de l’autre cruche !!!