Cinéman

Par L. • 4 nov 2009 • Catégorie(s) : Tout le cinéma

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Dans un sens, Cinéman est une sacrée leçon de cinéma : celle qui dit que quand on espère faire un film avec juste un concept, aussi audacieux et sympathique soit-il, sans moyen et sans talent et bah… on se plante. C’est donc comme ça que Yann Moix, auteur parisiano-parisien dans toute sa splendeur et papa de Podium, succès populaire principalement grâce à Benoît Poelvoorde, a été propulsé cinéphile accompli, rat de cinémathèque, et s’est donc auto-offert le droit de représenter dans un seul long métrage la cinéphilie dans tout son son ensemble.

Dans l’idée, l’histoire d’un mec qui possède le pouvoir de passer de film en film est bien sûr totalement jouissive, mais ce qu’à oublier notre cinéaste en herbe, c’est qu’avec un concept pareil, tous les vrais cinéphiles se sont déjà fait le film dans la tête, et avec lui, une liste complète des longs métrages à ne pas oublier de traverser. Difficile donc de ne pas être surpris, ou de tomber carrément des nues, en ne voyant évoquer dans le film qu’une misérable poignée de films tous tirés de fantasmes de gamins (Zorro, Tarzan, Robin des bois, Clint Eastwood dans pour Une poignée de dollars) ou de « blockbusters»  de la culture cinéma (comme les deux Kubrick, Barry Lindon et Orange Mécanique, ou Taxi Driver). A part un rapide clin d’oeil à Murnau et à Méliès, on est quand même en droit de se demander où sont passés plus de 100 ans de cinématographie.

En admettant que Cinéman ne soit qu’un délire populaire, une comédie de Dubosc de plus, prête à faire déplacer les foules sans rien provoquer à part des rires gras, ne sont pas excusables les maladresses techniques, les dialogues vulgaires (mais pas dans le bon sens), la post-synchonisation systématique et horrible, la photographie peu recherchée. Tout un tas d’éléments qui font de Cinéman une vraie torture à regarder.

Un bien mauvais choix de carrière pour Dubosc (qui remplaçait en fait au pied levé Benoît Poelvoorde qui a quitté le projet pour cause de « différent artistique» ), une sombre bouse pour Yann Moix, Cinéman est certainement l’un des plus gros ratage de cette année 2009 toutes catégories confondues. Espérons que le public trouvera mieux à aller voir en salles et que vite, très vite, mon cerveau oublie ce traumatisme.

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