Crime d’amour
Par L. • 7 sept 2010 • Catégorie(s) : Tout le cinéma
A l’heure où le décès d’Alain Corneau est encore d’actualité, que les éloges funèbres rappellent ses gloires passées, son dernier film en date, Crime d’amour tourne en boucle dans les salles obscures. Reflet d’un réalisateur vieillissant, ce thriller sans âme brille par son humour involontaire et le jeu d’actrice aléatoire de Ludivine Sagnier. Ou comment un cinéaste parfois contesté finit malgré lui sa carrière sur un raté.
Isabelle est une jeune cadre dans le giron de sa charismatique supérieure hiérarchique Christine. La relation ambiguë qui unit les deux femmes, mêlant vie privée et professionnelle, va les conduire à mener une dangereuse danse de manipulation et de séduction qui, bien sûr, ne trouve qu’une issue dramatique.
Si on prend un plaisir malsain à se délecter de la perversité du personnage de Kristin Scott Thomas, c’est malheureusement déçu que l’on constate que le film se focalise presque entièrement sur la jeune Isabelle et ses multiples revirements de personnalité, interprétés non sans mal par l’éternelle femme enfant Ludivine Sagnier. A ce jeu du « tel est pris qui croyait prendre », le spectateur voit les ficelles venir de loin et peut s’agacer que le réalisateur s’oblige à expliquer encore et encore le moindre détail de ce scénario à la fois simpliste et farfelu. On remarquera par contre, le travail minutieux qui a été fait sur la composition des décors. D’appartements de luxe en pavillon design, le film, s’il n’était pas coupé par des scènes pauvrement dialoguées, aurait fait une très bonne carte de visite au décorateur d’intérieur à l’origine de cet univers froid et grisâtre.
Ni beau, ni intelligent, ni vraiment intéressant Crime d’amour ne se démarque que par les fulgurances de la reine des glaces Scott Thomas et ses raccourcis enfantins. Le film arrache un sourire, parfois un éclat de rire cynique… étrange pour un thriller, et un peu triste aussi.
Sortie sur les écrans le 18 août 2010
(critique parue sur Artistikrezo.com)

