Equinoxe

Après une carrière fournie dans la réalisation de productions pour la télévision, Laurent Carcelès tente avec Équinoxe une percée dans le monde du cinéma. Pourtant malgré un casting plutôt alléchant, Aurélien Recoing et Caterina Murino, le film s’enfonce dans une parodie de son propre style, le théâtre contemporain filmé.
Martin et Nathalie s’aiment. Lors d’un week-end sur le bord de la mer, le couple est surpris par la marée remontante et erre sur la plage avec la peur de la mort au ventre. Les interrogations de l’un et de l’autre ainsi que leurs natures profondes ressurgissent alors.
Dès les premières minutes, Équinoxe apparaît comme une œuvre prétentieuse, se revendiquant poétique et philosophique, on ne peut hélas qu’y voir que deux personnages interchangeables qui débitent sans trop y croire (et c’est encore pire quand ils essayent) des banalités artificielles sur leur amour, la mort, leur relation, la vie. La métaphore si peu subtile entre la situation qui leur échappe, cette mer dangereuse et même mortelle, et l’avenir de leur couple rappelle les pires réflexions de littérature de gare. Pire encore, le réalisateur semble prendre à malin plaisir à alourdir encore l’ensemble d’une musique à la fois grandiloquente et discordante et à jouer d’effets spéciaux sans d’autre raison que d’ajouter un peu plus de surréalisme à cette horreur.
Presque une blague, Equinoxe peut sans mal se résumer à 1h15 de torture visuelle, auditive et mentale. Réalisé sans l’ombre d’un second degré, il en faut beaucoup pour apprécier un tant soit peu le spectacle.
(sortie le 30 mars 2011)
(article publié sur Artistikrezo.com)


Commentaires : 1
Dès qu’Aurélien se décide à refaire un film du niveau de l’emploi du temps, tu me siffles, merci.