Inju, la bête de l’ombre
Par L. • 7 sept 2008 • Catégorie(s) : Tout le cinémaAutant la sortie d’un nouveau film de Barbet Schroeder est toujours un événement, autant celui-ci a fait débat dans les rédactions et au sortir des salles de projections. Car si certains y voient un utime nanar d’un maître vieillissant s’étant payé des vacances au Japon à moindre frais, certains, dont je fais partie pensent qu’il s’agit là d’un hommage réussi à tout un pan du cinéma de genre japonais et que chaque trait légèrement grossi, chaque dialogue et même le jeu si particulier de Benoît Magimel ne sont que les ingrédients obligatoires d’une recette qui fonctionne à l’écran (ou au moins pendant 1h20 du film, car celui-ci perd un peu de son souffle lors de la résolution). Dans cette ambiance envoutante, le spectateur est le complice goguenard qui partage sa culture du genre avec le maître et ses pantins.
Car Barbet Schroeder annonce la couleur dans les premières minutes avec un retournement de petit malin (je n’en dit pas plus pour ne pas gâcher), et une énumération des codes du thriller (sexe, utraviolence, ambiances glauques,…) par Magimel qui, comme un menu de restaurant nous prépare à la suite et même nous énonce sans aucune forme de ménagement les circonstances de l’issue du film. Comment, donc, dans ce contexte, prendre au premier degré l’action qui se déroule devant nos yeux ? C’est à la fois une farce de petit malin (à 67 ans, Schroeder tient encore la forme) et un exercice de style classieux dans la forme comme dans le fond. En 1h45 de film pas un cliché sur le Japon n’apparait à l’écran, et Magimel y déambule comme le français de service, parfois sûr de lui et un brin ridicule mais aussi ouvert d’esprit et respectueux. Un bon guide pour découvrir les codes du cinéma classique japonais. Sur les dérives un peu SM, il fallait bien en parler, on retrouve le réalisateur de Maîtresse et esthète avec beaucoup de plaisir.
Ni gratuit, ni over-the-top, le faux nanar Inju est une belle surprise. La preuve que Barbet Schroeder a encore son mot à dire et que Magimel peut être parfois un sacré bon acteur. A tenter au second degré et si vous avez un minimum de curiosité.
Sortie sur les écrans le 3 septembre 2008



alors là, difficile d’être d’accord avec toi !
je l’ai vu hier…..et j’ai bien dormi ! Il n’y a auqune tension, l’histoire est poussive, certains passages frisent le ridicule….
Pôvre Magimel qui enchaine deux films complétements ratés (avec le Houellebecq), mais qui sur le papier étaient alléchant…. Belle prise de risque pour lui, mais qui n’a pas fonctionné…. j’admire sa démarche en tout cas !
Ravi de voir que tu as repris tes activités de blogueuse et ravi de voir que tu as apprécié INJU.
Je trouve ce film super ludique et incroyablement beau dans la forme.
Et oui, il y a bien du second degré là-dedans et c’est assez triste que beaucoup ne le percoivent pas.
Xavier : shame on you pour avoir dormi !
@ Xavier : voilà bien la preuve que ce film fait débat…
@Jonathan : ne tape pas ce pauvre Xavier ! Car c’est effectivement un film très riche pour ceux qui ont le background cinématographique pour l’apprécier : je pense bien sûr au cinéma japonais classique et aux films sur le BDSM mais ce sont deux genres encore assez méconnus j’en ai peur.
le « background cinématographique» ….. qu’est-ce qui ne faut pas entendre quand même !
excuse moi de ne pas regarder des films de tordus….
En plus, j’ai repéré une référence : le plan où l’on devine le méchant assi sur son fauteuil, c’est dans Inspecteur Gadget !! Rires.
C’est ce que V. criait : « C’est Mad !! C’est Mad !!!» .
Mais il manquait le chat quand même.
Xavier : tu DOIS voir Maitresse.
Pour te motiver, il y a Bulle Ogier dedans, et comme tu ne l’as surement jamais vue.
Promis Jonathan ! Si je zappe sur Arte à 2H du matin et que je tombe dessus : je le regarde !