Les noces rebelles

Je ne veux pas vous parler de comment Di Caprio et Kate Winslet se retrouvent dans ce film 11 ans après Titanic, de l’Oscar de Sam Mendès pour American Beauty parce que je trouve que ces deux faits qu’on clame partout comme de bonnes raisons pour aller voir Les noces rebelles n’en sont pas vraiment. Les noces rebelles se vaut à lui seul, sans politique des auteurs, sans publicité déplacée. C’est juste un chef d’œuvre, le plus beau film que j’ai vu ces derniers mois, et ces dernières années si j’y réfléchis. Un film qui m’a touché au cœur au point de me faire sincèrement pleurer (ce qui est rare) et même pas pour des raisons de midinette.
Dans les États Unis dans les années 50, April et Frank s’aiment et s’estiment à part, différents et se croient promis à un destin exceptionnel. Mais les années passent, le couple s’installe en banlieue, donne naissance à deux beaux enfants. A ce moment là, le couple est en crise, l’amour disparait avant qu’April n’ai l’idée de raviver la flamme et de jouer le tout pour le tout en faisant déménager la famille à Paris (un rêve de jeunesse). Dans les quelques mois de préparation au déménagement, le couple vit ses des derniers instants d’ivresse avant de s’effondrer.
Il serait trop complexe d’expliquer à quel point la performance parfaite et époustouflante des acteurs (Michael Shannon, que j’adore dans Bug, compris) alliée à un scénario implacable, à une musique à la fois douce et glaçante (merci Thomas Newman) et à une réalisation toute en subtilité créent un univers si riche et si juste qu’il est impossible de ne pas s’effondrer au visionnage des Noces rebelles.
Ce film traite sans fausse pudeur, sans concessions, de la force du quotidien, de cette vie que nous partageons tous et qui broie sans vergogne les rêves et les prétentions de chacun. Ce n’est pas un drame tire-larme mais un constat tragique et vrai de ce qu’une grande majorité de nous vivons ou vivrons, de ces choix qu’on ne fait pas et de la conclusion de tout ça. Et aussi de la valeur des hommes (et des femmes) et du mensonge.
Allez le voir, je n’ai rien d’autre à ajouter.
Sortie sur les écrans le 21 janvier 2009


Commentaires : 7
Film très profond oui, par contre un bémol pour les musiques: il y en a une récurrente qui m’a réellement exaspéré tellement elle revenait souvent! Sinon c’est un très bon film, j’en ai fait la critique sur mon blog: http://www.eclectic-touch.fr/2009/01/21/les-noces-rebelles/
Bah tiens, ce post me donne envie d’aller voir le film. Cela me titillait de toute façon, et ça me fera du bien après la déception Slumdog Millionaire. Je reviendrai peut-être ici faire part de mon avis… même si celui-ci risque d’être bien court si le film est si bien que ça ! Quand c’est parfait, on se tait !
@ Eclectic Touch : Tu devrais la réécouter hors contexte (même si moi, ça ne m’a pas gêné au contraire), tu changerais peut être d’avis. Thomas Newman a fait un sacré bon boulot sur ce coup là (comme souvent).
@ Astrose : vas y sans hésiter ! Et Libre à toi de donner ton avis ici, j’ai hâte de lire ça.
Promis, j’essaie d’y aller très vite !
En reparlant des musiques, je suis une fan de Thomas Newman depuis American Beauty (et le générique de Six Feet Under). J’ai un peu écouté la B.O. des Noces rebelles, et j’aime déjà beaucoup The Bright Young Man. Très beau !
Tu me confortes dans l’idée d’aller le voir. Et qu’est ce que j’aimerai savoir critiquer les films comme tu le fais. Moi c’est juste « j’aime bien » ou « bof » ou « j’aime pas ». Je vais déjà aller découvrir la BO.
Il est vrai que l’on ne cesse de rappeler les retrouvailles de Leonardo DiCaprio et Kate Winslet alors que vu leurs talents respectifs, l’interprétation et le film auraient pu être tout aussi bien s’ils ne s’étaient pas connus dans « Titanic ». Moi je n’ai pas pleuré face à ce film mais je comprends ce que tu as ressenti.
Je suis allé voir ce film et franchement je ne sais qu’en penser. A mon avis tout est tellement prévisible que je me suis ennuyé grave. Bon voila, je n’ai peut-être tout compris….