Les petits mouchoirs

L’acteur réalisateur français chouchou de ces dames, compagnon de Marion Cotillard en pleine conquête d’Hollywood, nous gratifie après ses essais dans le thriller (Ne le dis à personne) d’un mélodrame en forme de film choral avec à l’intérieur la crème de la crème de l’acting français. Mais en voulant y mettre de tout, du rire aux larmes, peut-être atteint-on en fait « le trop ».
Une bande d’amis inséparables depuis des années s’apprête à partir en vacances d’été dans la maison de l’un d’eux. Mais un événement tragique va venir troubler ces relations qui ne sont simples que d’apparence et la belle dynamique de groupe va peu à peu s’effriter.
Si la volonté de capter les émotions, les doutes, les joies et les peines d’un groupe de trentenaires/ quarantenaires est sans doute louable c’est aussi les aspérités et les défauts de la catégorie choisie qui sont inclus. Égoïstes, Parvenus, immatures, agaçants, méprisants, beaufs avec des soupçons d’homophobie, les personnages de Guillaume Canet traînent tant de casseroles qu’ils est difficile de ne pas les détester à partir du premier quart d’heure du film et de ne plus que se focaliser sur les pauvres petits malheurs de ce groupe si bien assorti. En fait, on pourrait certainement parler de talent pour ce qui est de rendre les personnages antipathiques et insupportables à ce point.
Pour ce qui est des bons sentiments, ceux qu’on nous promet, purs, forts et universels comme l’amour, l’amitié, la solidarité et le partage, le réalisateur échoue assez lamentablement à créer une quelconque émotion de ce film de vacances entre potes qui a sûrement été plus amusant et captivant à vivre qu’à supporter sur grand écran. Des dialogues patauds et des situations qui se veulent cocasses mais qui ne touchent qu’au mépris et à la stupidité (voir la relation ambiguë entre Benoît Magimel et François Cluzet) complètent un tableau qui n’était déjà pas reluisant et finissent d’achever cet essai raté, long et ennuyeux.
Les petits mouchoirs ne serait certainement pas aussi détestable, tout au plus facilement oubliable, s’il n’était pas aussi prétentieux et bouffi de bonnes intentions. Bref, un métrage sans âme et sans beauté, une torture de plus de 2h30 qui méritait bien qu’on la descende un peu de son piédestal pour le bien du cinéma français.
(critique publiée sur Artistkrezo.com)
(sortie sur les écrans le 20 octobre 2010)


Commentaires : 6
c’qui prend dans sa race le film…!
bon c’est assez vrai tout ça. mais je vais répéter ce que j’ai écrit car il a produit sur moi un drôle d’effet.
Objectivement, l’humour beauf, l’émotion au forceps, le manque de mise en scène, tout ça craint un max. Sauf qu’en réunissant ses potes, Canet réunit des gens qui pourraient être nos potes. Comme par malice on a le sentiment de suivre (et de subir) les vacances de Lelouche, Cotillard, Magimel et compagnie. Des acteurs que l’on aime pas forcément mais qui pourraient être nos potes.
En fait, les petits mouchoirs fonctionnent comme si on remplaçait Dujardin (qui sauve le film par une absence fantomatique) en pourfendeur de la morale. Enfin voilà, j’ai réussi à supporter un mauvais film et j’arrive même à le défendre. Etre critique c’est génial.
Je comprend ton point de vue même si je ne peux pas le cautionner…
Même si on me paye, j’en veux pas comme potes. A vrai dire, déjà, même si on me paye, je suis pas sûre de vouloir revoir le film…
Le film est loin d’être parfait mais je ne partage absolument pas ton avis.
Les gags sont souvent drôles, les acteurs sont très convaincants et l’ensemble respire la vérité (même si différente de la notre). Après, c’est vrai que la longueur est particulièrement excessive !
Vous êtes durs….j ai beaucoup aimé ce film, cette bande de potes
T’as mis un quart d’heure à les détester toi ?
Tu serais pas un peu lente rapport à ton « état » ?
J’ai cru voir « Les bronzés » mais en pas drôle !!!
PS : tu vois encore tes pieds ?
Il paraitrait en effet que la grossesse n’améliore pas le Q.I…
Et non, je ne vois plus mes pieds (qui ne sont pas bien grands de toute façon), c’est classe ce physique façon Carlos en salopette.