Morning glory

Pour faire rêver les trentenaires célibataires (celles qu’anciennement Helen Fielding appelait les « célibattantes ») carriéristes et un peu gaffeuses, toute une collection de films a fait son apparition depuis les années 80 et le cultissime Working girl. Aventure romantico-humoristique autour de péripéties convenues, Morning Glory ne déroge pas à la règle mais combine aussi une bonne partie des défauts du genre. Décevant.
Becky Fuller est une jeune femme jolie et ambitieuse dont la vie amoureuse et la vie professionnelle est au point mort. Elle accepte de reprendre le poste de productrice de la pire matinale télévisée du pays et petit à petit son humour, son talent et sa force de caractère lui permettent de rencontrer l’amour et de travailler avec son idole.
Si les talents sont au rendez-vous, Rachel McAdams, Harrisson Ford ou encore Diane Keaton, l’écriture et la réalisation n’apportent rien de nouveau là où tout a déjà été fait, écrit (dans le très florissant genre de la chick litt) ou tourné. Un happy end dégoulinant de bons sentiments vient clore une succession de péripéties clownesques entre pathétique et ridicule gênant. Tout, dans le personnage de Becky appelle à l’image fantasmée des trentenaires d’aujourd’hui : carriéristes célibataires sans enfant (ni chien ni chat), au look savamment étudié et suintant une sympathie niaise. Difficile donc d’ignorer le pur produit marketing là où certains ont réussi à créer un véritable univers original : 500 jours ensemble ou Le mariage de mon meilleur ami.
À la croisée de deux univers, la comédie romantique girly et le film de présentateurs télé, Morning glory n’excelle dans aucun. Sous couvert de légèreté, les personnages sont roulés dans la fange pour une critique (mais en est-ce vraiment une ?) de ce que veulent voir aujourd’hui les spectateurs à la télévision.
Manipulateur et beaucoup plus cynique qu’il n’y paraît au premier abord, Morning glory est une de ces productions dont il vaut mieux oublier l’existence et dont la consommation et le plaisir immédiat qu’il en découle est à double tranchant : image de la femme ridiculement cliché, discours de sacrifice et de persévérance au travail post crise financière. Un divertissement basses calories au goût plus amer que sucré.
(sortie le 6 avril 2011)
(article publié sur artistikrezo.com)


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