Piranha 3D

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On connaissait Alexandre Aja petit génie du cinéma de genre, yes man à Hollywood,  fils d’Alexandre Arcady. Maintenant, le monsieur nous fait découvrir une autre facette de ses multiples personnalités : celle d’un facétieux réalisateur amateur de belles poitrines et de clins d’œil salaces, le tout mâtiné de quelques morceaux de chairs sanguinolentes… Bref, comment ne pas adorer ?

C’est l’effervescence dans la petite ville de Lake Victoria. Comme chaque année, des milliers d’étudiants déchaînés prennent la ville d’assaut pour le tristement célèbre Spring Break. Seulement, alors même que l’alcool coule à flots et que l’orgie fait rage un tremblement de terre ouvre une brèche dans les profondeurs du lac, réveillant ses plus anciens habitants : des ancêtres de nos piranhas. Plus grosses, plus hargneuses et encore plus affamées, les bêbêtes vont, elles aussi, festoyer comme il se doit.

Présenté en 3D mais plus que regardable en 2D, ce Piranha version 2010 (la précédente version de Joe Dante en 1978 raconte une tout autre histoire) brasse gentiment potacheries et grivoiseries en tous genres pour un résultat décomplexé et jeune imprégné de pop culture. Les cinéphiles apprécieront la présence de seconds couteaux aux visages bien connus : Elisabeth Shue (Retour vers le futur 2 et 3), Jerry O’Connell, Ving Rhames, Christopher Lloyd (le « doc » des Retour vers le futur). Les autres se délecteront de la profusion de poitrines opulentes, de la vulgarité de certains dialogues et de l’esprit sea, sex and sun de l’ensemble. Tout le monde y trouve finalement son compte… à condition d’être amateur de série B.

Car on s’amuse en effet plus qu’on ne tremble et c’est bien la principale qualité de ce Piranha 3D : le juste dosage entre comédie et scènes gores. Volontairement outranciers, les piranhas ne suscitent de réactions que de plaisir, car on se surprend à attendre avec impatience que ce vulgaire et antipathique petit monde se fasse charcuter. Et si horreur il y a, c’est bien dans le comportement des protagonistes. Heureusement que les piranhas mettent bon ordre dans ce Sodome et Gomorrhe contemporain.

Ce film de rentrée fait durer un peu plus les grandes vacances et propose un souffle d’irrévérence bienvenu dans les productions récentes de films d’épouvante. Et, il faut bien le dire, on est pas peu fier que cet ovni jouissif soit l’œuvre d’un frenchie… Go, Alexandre, go !

Sortie sur les écrans le 1er septembre 2010

(critique parue sur Artistikrezo.com)

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