Shortbus

Ça faisait longtemps que je ne vous avais fait part d’un des « films de ma vie » et comme l’occasion se présente, un certain Petit poulet en ayant fait la découverte hier soir, j’en profite pour vous parler d’un film qui a tout changé : Shortbus. Attention, Shortbus n’a bien sûr rien changé à l’histoire du cinéma mais a marqué l’année 2006 et le festival de Cannes de cette même année considérablement, et ma vie (et mon couple) bien sûr aussi.

Que dire pour commencer, sinon que je suivais d’un œil la carrière du réalisateur John Cameron Mitchell depuis son précédent, et premier, long métrage Hedwig and the angry inch, où il interprétait le rôle principal, une fable glamrock truculente haute en couleur et en musique à paillettes, avec ce soupçon de tristesse présente aussi dans Shortbus. Pas cette fameuse « chair triste » dont la critique se repait depuis quelques années mais, à l’heure des années sida, une vibrante et communicative lettre d’amour au sexe, et, au moment de la génération internet et à la protection de soi (derrière l’écran), un cri pour l’implication dans les relations humaines. Shortbus, n’est que ça en fait, pas une succession de scène de sexe non simulées (même si c’est le cas) plus ou moins impressionnantes, ou de performances artistiques très New York indépendant (même si on a l’occasion de découvrir ici de sacré artistes qui interprètent leurs propres rôles ou presque).

C’est aussi et surtout un film à replacer dans son contexte : après le 11 septembre, les gens ne s’occupent plus guère que de leurs affaires, se surprotégeant par peur de souffrance hypothétique et s’enfermant dans de petits problèmes bourgeois. Le Shortbus, un lieu de liberté sexuelle et artistique, invite tous les personnages du film à se redécouvrir et à s’ouvrir à de nouvelles expériences dans le but, utopique ou pas, d’accéder au bonheur.

C’est donc à la fois, une leçon de vie, comme une expérience de cinéma réjouissante, le réalisateur ayant décidé de créer le scénario du film avec les acteurs dans un work in progress où tous ont fait évoluer leurs personnages comme l’histoire pendant des mois avant le tournage réel du film. Magique et envoutant, sexuel sans être glauque ni vulgaire, Shortbus par ses partis pris ne laissera personne indifférent, en bien ou en mal, et je conseille vraiment à ceux qui n’ont pas déjà vu ce film de tenter l’expérience.

Disponible en DVD

Commentaires : 3

  1. ElooOO°° dit :

    Shortbus sera toujours rattaché à mon arrivée sur Paris. Un madame Ping, la rue Mouffetard, Shortbus, et toi.

    Et tiens je te refile mon article de l’époque http://aupaysdelodie.canalblog.com/archives/2007/02/11/3968792.html

  2. Jérôme dit :

    je découvrir ton site/blog que je ne connaissais pas. Le côté sulfureux de « Short bus » ne m’avait pas incité à aller le voir en salle. Je devrais peut-être reconsidérer ma position maintenant …
    Dans un tout autre sujet j’ai mis en place sur cinefeed.com une rubrique « le ciné en un clin d’oeil » qui te permet de référencer ton site (flux RSS) ca permet de s’échanger les visiteurs. Si le coeur t’en dit: http://www.cinefeed.com/news

    (nous avons aussi une rubrique « films de notre vie »)

    à bientôt
    Jérôme

  3. [...] depuis l’utilisation de leur chanson Winter’s Love à plusieurs moments clés du film Shortbus, je me réjouissais de les voir venir à Paris pour la promotion de leur nouvel album Merriweather [...]

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