Chéries-Chéris, festival de cinéma gay, lesbien, trans et bi de Paris – Ouverture

Par L. • 18 nov 2009 • Catégorie(s) : Tout et rien

affiche

Pour la quatrième année consécutive, L. aime le cinéma suit avec passion le Festival de cinéma gay, lesbien, bi et trans de Paris, rebaptisé cette année pour ses 15 ans : Chéries-Chéris. Je garde encore des souvenirs émus, étranges, grisants et surexcités des années précédentes et c’est donc avec un plaisir non dissimulé que je rempile pour cette semaine de séances, de découvertes et de rencontres en tous genres… come and join me !

Pour cette ouverture devait être présenté le film de Lou Ye, Nuits d’ivresse printanière (qui devait d’ailleurs être présenté pour la première fois depuis son re-montage) et si je dis devais c’est parce qu’un incident technique (projection numérique tout ça) a empêché la séance initialement prévue. Quand je suis donc arrivée en nage à 20h30, après une course de 30 minutes dans Paris et après une journée de travail pas des plus facile, j’ai constaté le changement avec stupeur. « Mais je m’étais préparée psychologiquement à voir le Lou Ye, moi !!!« . Bon, j’ai vite repris mes esprits et pris ma place pour le film par défaut : Vil Romance présenté en avant-première.

Installation dans la salle 500 du Forum des Images, que je commence à connaître par cœur après l’Etrange Festival. Il y a du monde, beaucoup de monde et je suis donc prise en sandwich entre une vieille dame qui me pique ma place initiale sous prétexte qu’elle part juste après la présentation (sympa) et… un charmant sexagénaire qui commence à me taper la discute. Car comme vous ne le savez peut être pas, L., icône du glam et de la cinéphilie triomphante ressemble à un petit agneau apeuré et donc attire malencontreusement les vieux pervers et autres psychopathes tout aussi sympathiques. J’apprends donc de ce charmant retraité, que je nommerais sobrement Pervers Pèpère que « d’habitude il y a pas de séance le lundi soir»  « que ça a l’air marrant comme film»  « et qu’il y a du monde, bah dis donc« . J’acquiesce mollement avec un petit sourire de circonstance et j’attends avec la résignation du désespoir que la présentation commence.

Quelques discours, remerciements, auto-congratulations (de rigueur) plus tard on nous annonce une surprise (chouette, je suis pas rentrée) : la performance en avant-première de la compagnie de Karine Saporta, habituée à se produire au Dansoir de leur nouveau spectacle La maison Chéri-Chérie. Passant sur la représentation de rose géante (la fleur, hein, pas la couleur) sur l’écran géant de la salle 500 du Forum des Images et sur la musique stridente et assourdissante, je dirais que pour quelqu’un qui n’y comprends rien en danse contemporaine j’ai plutôt bien supporté le spectacle (une petite poignée d’éphèbes et de jeunes beautés dansant lascivement et presque nus), je n’en dirais pas autant du reste de la salle qui a applaudi un petit malin qui a répondu à une phrase de texte « j’en ai marre!»  « Moi aussi !»  ou encore sur les Stop scandés par le public à l’arrivée de nouveaux « personnages» . Il faut dire que le show a, à vue de nez, duré une vingtaines de minutes (ou alors une vingtaines de minutes théoriques)… heureusement que Pervers Pèpère a joyeusement assaisonné le spectacle de remarques allant du désoeuvrement le plus complet « ah, enfin une femme ! j’en avais marre que les hommes se touchent…»  (» mais c’est un show gay et lesbien !!!» ) au racisme light « elle est marrante la petite black, là« .

Je commençais à me sentir mal pour la troupe quand elle a eu la bonne idée de mettre fin à la représentation et le film a pu commencer… Manque de bol, l’ambiance déjà partiellement plombée n’a pas pu se réchauffer avec Vil Romance, drame argentin assez hard et glauque sur la relation entre un jeune désoeuvré et un vieux macho. L’atmosphère positivement étouffante de ce film est intelligemment désamorcée par une issue, que l’on devinait fatale, grotesque. En laissant éclater nos pulsions, notre impuissance et nos tensions dans une sorte d’orgasme visuel trash et kitsch, le film réussit un coup de force… malheureusement partiellement gâché pour moi par Pervers Pèpère qui me malaxait la cuisse depuis quelques minutes (si ça peut lui égayer la soirée, j’aurais fait ma B.A). Mais j’aurais l’occasion de vous reparler du film plus tard puisqu’il est prévu en salles pour la semaine prochaine.

Vidée par ma journée, excitée par l’expérience de la danse contemporaine sensuelle à message (ou pas) et remuée par Vil Romance, ainsi s’achève ma première soirée de la semaine au Forum des Images. A suivre donc…

Chéries-Chéris, Festival Gay Lesbien Trans et +++ : du 16 au 22 novembre 2009 au Forum des Images.

3 réactions virulentes »

  1. Vive Pervers Pepere!

  2. [...] peine le temps de me remettre de mes émotions de l’ouverture, qu’il est déjà l’heure d’attaquer les choses sérieuses (je parle bien sûr de [...]

  3. Tous les jours, le Journal du Festival est sur Yagg: http://yagg.com

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