Les enseignements des charmes secrets de Miss Todd

Derrière cette jaquette au goût contestable se cache un de mes premiers souvenirs de cinéma. Un mercredi après midi, pour l’anniversaire (13 ans) d’une de mes camarades de classe, nous voilà une bonne vingtaine à mater notre premier porno. Celui là et la cassette souvenir de la nuit de noces de Pamela Anderson et Tommy Lee. Bien plus que le contenu explicite c’est la première partie du métrage qui m’a marquée : on y voit une bande de personnages malpropres, certainement pas oscarisés, jouer au poker dans une salle sombre. Sous la table, la fameuse miss Todd tente avec succès de déconcentrer l’un des joueur. Depuis, le poker hante mes fantasmes de cinéma.
Les cartes, l’ambiance, la testostérone et je ne sais pourquoi mais le fait de n’avoir aucune idée des règles rendait le jeu encore plus mystérieux et donc plus attrayant. Comme aujourd’hui, ces parties de mah jong dans certains films coréens où les pièces d’un jeu complexes et hypnotiques qui amènent souvent à des excès de violence et me fascinent.
Quand j’ai enfin commencé ma puberté c’est le film Les joueurs qui a confirmé cet engouement. J’ai une âme de joueuse. La pièce de double face dans Batman, les secondes finales palpitantes et osées de 187 code meurtre, ces éléments de suspense on ne les retrouve que très peu dans dans des films de poker puisqu’il est compliqué, il est vrai, de clairement faire l’apologie d’un vice qui peut devenir maladif. Pourtant on sous-estime le potentiel jouissif d’une bonne scène de poker au cinéma.
Bien loin de l’effet de mode populaire (les mallettes de poker best-seller des derniers Noël et le dernier des cousins beaufs qui joue une partie le samedi entre deux parts de pizza avec les potes), le poker est et restera la clé de grandes scènes de cinéma. De cinéma traditionnel ou de cinéma pornographique d’ailleurs.
Cette bonne vieille Miss Todd l’avait compris en 1988. Je pense à elle parfois, et sa scène de poker coquin reste une des meilleures que j’ai vu au cinéma…
Ah… on me dit dans l’oreillette que le sexe et le poker sont deux activités bien distinctes et qu’on joue mal quand on est stimulé (je le sais, je me suis déjà fait rejeter à cause d’une partie en ligne) et moi qui pensais qu’on pouvait mêler le sexe à tout et même à la maintenance informatique (cf. Opération espadon), me voilà bien déçue.


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